Camille Saint-Saëns
Le Retour de Virginie
cantate sur un texte d'Auguste Rollet
Camille Saint-Saëns
Le Retour de Virginie
cantate sur un texte d'Auguste Rollet
- Formation Solistes et Orchestre
- Compositeur Camille Saint-Saëns
- Édition Partition
- Maison d’Édition Symétrie
- N ° de commande 9782364852372
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Description:
Loin d'être une œuvre isolée dans la production de Camille Saint-Saens, Le Retour de Virginie appartient à un petit ensemble écrit au début de sa carrière dans le contexte particulier du concours du Prix de Rome institué en 1803 puis supprimé à la suite des événements de mai 1968. Il s'agissait, depuis plus d'un siècle et demi, de la récompense française la plus convoitée en matière de composition musicale. Organisé par l'Institut, il offrait à ses lauréats, sinon l'assurance d'une carrière facile, du moins une ouverture importante sur le monde artistique, et quelques années de résidence à la prestigieuse Villa Médicis en Italie. De fait, rares sont ceux qui ont résisté à l'attrait de cette récompense, aboutissement potentiel et éblouissant de longues années d'études. Il n'est donc pas étonnant qu'une personnalité telle que le futur compositeur de la Danse macabre se soit présentée au concours. Curieusement, il ne remportera jamais le fameux Premier Grand Prix malgré deux tentatives en 1852 et 1864.
Bien sûr, Saint-Saëns est encore un jeune compositeur inexpérimenté lorsqu'il se présente pour la première fois au concours. Élève d'Halévy depuis 1849, il n'a que 16 ans en juin 1852 lorsqu'il se présente au concours avec la composition d'une fugue et d'un très joli Chœur des sylphes. Classé premier des candidats à l'issue de la première épreuve, c'est sans doute très confiant qu'il écrit du 26 juin au 21 juillet sa cantate Le Retour de Virginie sur un poème d'Auguste Rollet d'après un roman de Bernardin de Saint-Pierre. Sa déception a dû être grande à l'annonce des résultats : le jury a couronné Léonce Cohen et lui-même n'a finalement reçu aucun prix. Bien des années plus tard, il reconnaîtra le bien-fondé d'un jugement qui visait probablement à l'inciter à poursuivre un peu plus ses études. En effet, bien qu'elle laisse entrevoir les réelles qualités de l'auteur, cette œuvre, un peu hétéroclite, est le témoignage d'un musicien en devenir, aux influences fortes. Entre l'imitation à peine cachée de Mendelssohn et des éléments de belcanto post-rossinien, en passant par l'exotisme chichiteux de la Danse nègre introductive, ou le finale rappelant l'apothéose de Marguerite de la Damnation de Faust, il serait vain et inutile de chercher à apprécier cette cantate à travers le seul prisme de son auteur, aussi glorieux que soit son avenir. Œuvre de concours et de jeunesse, pleine de savoirs mais aussi d'influences et d'innocence, elle est avant tout le précieux témoignage d'une esthétique particulière, et c'est à ce titre qu'il faut la voir, pour en apprécier pleinement les incontestables réussites.
(traduction Philippe Do)
Bien sûr, Saint-Saëns est encore un jeune compositeur inexpérimenté lorsqu'il se présente pour la première fois au concours. Élève d'Halévy depuis 1849, il n'a que 16 ans en juin 1852 lorsqu'il se présente au concours avec la composition d'une fugue et d'un très joli Chœur des sylphes. Classé premier des candidats à l'issue de la première épreuve, c'est sans doute très confiant qu'il écrit du 26 juin au 21 juillet sa cantate Le Retour de Virginie sur un poème d'Auguste Rollet d'après un roman de Bernardin de Saint-Pierre. Sa déception a dû être grande à l'annonce des résultats : le jury a couronné Léonce Cohen et lui-même n'a finalement reçu aucun prix. Bien des années plus tard, il reconnaîtra le bien-fondé d'un jugement qui visait probablement à l'inciter à poursuivre un peu plus ses études. En effet, bien qu'elle laisse entrevoir les réelles qualités de l'auteur, cette œuvre, un peu hétéroclite, est le témoignage d'un musicien en devenir, aux influences fortes. Entre l'imitation à peine cachée de Mendelssohn et des éléments de belcanto post-rossinien, en passant par l'exotisme chichiteux de la Danse nègre introductive, ou le finale rappelant l'apothéose de Marguerite de la Damnation de Faust, il serait vain et inutile de chercher à apprécier cette cantate à travers le seul prisme de son auteur, aussi glorieux que soit son avenir. Œuvre de concours et de jeunesse, pleine de savoirs mais aussi d'influences et d'innocence, elle est avant tout le précieux témoignage d'une esthétique particulière, et c'est à ce titre qu'il faut la voir, pour en apprécier pleinement les incontestables réussites.
(traduction Philippe Do)