Thomas Schuttenhelm
Rechordatio
pour guitare solo
Thomas Schuttenhelm
Rechordatio
pour guitare solo
- Formation Guitare classique
- Compositeur Thomas Schuttenhelm
- Éditeur Cristiano Porqueddu
-
Niveau de difficulté
- Édition Partition
- Maison d’Édition Les Productions d'Oz
- N ° de commande DOZ4617
TVA incluse,
Hors frais de port
Non disponible dans tous les pays. Apprendre encore plus
Description:
« Rechordatio » est à la fois un acte de commémoration et un geste de gratitude. Cette œuvre s’inspire de deux relations musicales qui ont revêtu une grande importance à mes yeux : mes rencontres avec le compositeur italien Angelo Gilardino et mon admiration de longue date pour le guitariste sarde Cristiano Porqueddu.
J’ai rencontré ces deux artistes pour la première fois en 2009 lors du festival d’été de la Guitar Foundation of America à Ithaca, dans l’État de New York, où Gilardino a été intronisé au Hall of Fame. Je m’y étais rendu spécialement pour le rencontrer, conscient dès lors de son importance en tant que figure centrale de la composition moderne pour guitare. Lors de ce même festival, j’ai entendu Porqueddu interpréter des extraits du vaste répertoire de Gilardino. Son jeu m’a immédiatement impressionné : une maîtrise extraordinaire de la couleur, du timbre et des nuances dynamiques, alliée à une clarté d’interprétation qui semblait révéler la vie intérieure de la musique.
Au cours des années qui ont suivi, j’ai correspondu avec Gilardino et j’ai eu la chance de lui rendre visite chez lui, à Vercelli. Nos conversations portaient principalement sur la composition. À l’époque, il travaillait sur ses *Sette Preludi*, et je me souviens d’avoir écouté avec lui tandis qu’il décrivait son processus en détail.
Depuis, Porqueddu est devenu l’un des plus importants défenseurs de la musique de Gilardino, tant sur scène qu’en enregistrement. Ses enregistrements — en particulier son interprétation historique des *Studi di virtuosità e di trascendenza* de Gilardino — ont établi une référence exceptionnelle. En concert, son jeu revêt une qualité presque surnaturelle, où précision et imagination s’équilibrent avec une rare justesse.
L’impulsion immédiate qui a donné naissance à *Rechordatio* m’est venue après avoir entendu Porqueddu se produire au Carnegie Hall en octobre 2022. Ce concert, ainsi que le temps que nous avons passé ensemble après, sont restés gravés dans ma mémoire. Le lendemain matin, j’ai commencé à esquisser cette pièce afin de réunir ces deux figures – le compositeur et l’interprète – dans un même espace musical.
Au cœur de l’œuvre se trouve une idée simple mais féconde : les notes La–Sol–Mi, dérivées du prénom d’Angelo et transposées ici en La♭–Sol–Mi. Cette cellule de trois notes sert à la fois de germe harmonique et de motif. On l’entend d’abord sous forme d’accord dans la mesure d’ouverture : « l’accord d’Angelo », et elle revient tout au long de la pièce sous des formes variées, agissant presque comme un refrain. De cette manière, la musique renvoie sans cesse à son origine, tout comme la mémoire elle-même revient, remodelée mais persistante.
Le titre Rechordatio reflète cette idée de souvenir. Alors que recordatio (latin : souvenir) serait la forme conventionnelle, le « h » ajouté met en avant l’accord, cet objet sonore à travers lequel la mémoire devient audible. La pièce devient ainsi non seulement un mémorial, mais un acte continu de remémoration par le son.
Plus largement, l’œuvre reflète mon engagement envers le langage musical de Gilardino, en particulier son approche de la polyphonie. Son écriture élargit les possibilités expressives de la guitare grâce à des superpositions finement maîtrisées de lignes et de couleurs, souvent façonnées par de subtils changements de cordes et de positions. Dans *Rechordatio*, ces idées ne sont pas imitées, mais assimilées et réinventées.
Cette pièce est un hommage à Gilardino, dont l’héritage continue de résonner, et à Porqueddu, dont le talent artistique garantit que cet héritage reste vivement présent dans le son.
— Thomas Schuttenhelm, mai 2026
J’ai rencontré ces deux artistes pour la première fois en 2009 lors du festival d’été de la Guitar Foundation of America à Ithaca, dans l’État de New York, où Gilardino a été intronisé au Hall of Fame. Je m’y étais rendu spécialement pour le rencontrer, conscient dès lors de son importance en tant que figure centrale de la composition moderne pour guitare. Lors de ce même festival, j’ai entendu Porqueddu interpréter des extraits du vaste répertoire de Gilardino. Son jeu m’a immédiatement impressionné : une maîtrise extraordinaire de la couleur, du timbre et des nuances dynamiques, alliée à une clarté d’interprétation qui semblait révéler la vie intérieure de la musique.
Au cours des années qui ont suivi, j’ai correspondu avec Gilardino et j’ai eu la chance de lui rendre visite chez lui, à Vercelli. Nos conversations portaient principalement sur la composition. À l’époque, il travaillait sur ses *Sette Preludi*, et je me souviens d’avoir écouté avec lui tandis qu’il décrivait son processus en détail.
Depuis, Porqueddu est devenu l’un des plus importants défenseurs de la musique de Gilardino, tant sur scène qu’en enregistrement. Ses enregistrements — en particulier son interprétation historique des *Studi di virtuosità e di trascendenza* de Gilardino — ont établi une référence exceptionnelle. En concert, son jeu revêt une qualité presque surnaturelle, où précision et imagination s’équilibrent avec une rare justesse.
L’impulsion immédiate qui a donné naissance à *Rechordatio* m’est venue après avoir entendu Porqueddu se produire au Carnegie Hall en octobre 2022. Ce concert, ainsi que le temps que nous avons passé ensemble après, sont restés gravés dans ma mémoire. Le lendemain matin, j’ai commencé à esquisser cette pièce afin de réunir ces deux figures – le compositeur et l’interprète – dans un même espace musical.
Au cœur de l’œuvre se trouve une idée simple mais féconde : les notes La–Sol–Mi, dérivées du prénom d’Angelo et transposées ici en La♭–Sol–Mi. Cette cellule de trois notes sert à la fois de germe harmonique et de motif. On l’entend d’abord sous forme d’accord dans la mesure d’ouverture : « l’accord d’Angelo », et elle revient tout au long de la pièce sous des formes variées, agissant presque comme un refrain. De cette manière, la musique renvoie sans cesse à son origine, tout comme la mémoire elle-même revient, remodelée mais persistante.
Le titre Rechordatio reflète cette idée de souvenir. Alors que recordatio (latin : souvenir) serait la forme conventionnelle, le « h » ajouté met en avant l’accord, cet objet sonore à travers lequel la mémoire devient audible. La pièce devient ainsi non seulement un mémorial, mais un acte continu de remémoration par le son.
Plus largement, l’œuvre reflète mon engagement envers le langage musical de Gilardino, en particulier son approche de la polyphonie. Son écriture élargit les possibilités expressives de la guitare grâce à des superpositions finement maîtrisées de lignes et de couleurs, souvent façonnées par de subtils changements de cordes et de positions. Dans *Rechordatio*, ces idées ne sont pas imitées, mais assimilées et réinventées.
Cette pièce est un hommage à Gilardino, dont l’héritage continue de résonner, et à Porqueddu, dont le talent artistique garantit que cet héritage reste vivement présent dans le son.
— Thomas Schuttenhelm, mai 2026