Reynaldo Hahn
Sagesse
monodies tirées du recueil de Verlaine
Reynaldo Hahn
Sagesse
monodies tirées du recueil de Verlaine
- Formation Voix moyenne et Piano
- Compositeur Reynaldo Hahn
- Éditeur Philippe Blay Jean-Yves Aizic
- Édition Partition de chœur
- Maison d’Édition Symétrie
- N ° de commande 9782364852952
TVA incluse,
Hors frais de port
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Description:
Récemment découvert, le cycle Sagesse de Reynaldo Hahn, inspiré du recueil de Verlaine, fait partie des œuvres composées pendant sa relation amoureuse avec Marcel Proust, entre 1894 et 1896. Il en a eu l'idée au printemps 1895, alors qu'il sombrait dans un épisode mélancolique dont on ne connaît pas la cause. Proust n'y est apparemment pour rien, puisque Hahn - qui séjourne en juillet à Saint-Germain-en-Laye, où il est venu "noyer ses grands troubles moraux dans l'air vivifiant et pur" - écrit à son ami le pianiste Édouard Risler : "Les seules distractions ici sont les fréquentes visites de ce cher garçon, dont la douceur et l'intelligence sont vraiment réparatrices".
Le compositeur tente néanmoins d'avancer les partitions en cours, travaillant à la fois sur des images musicales pour orchestre, inspirées du roman Le Jardin de Bérénice de Maurice Barrès, ainsi que sur des "Monodies tirées du recueil de Verlaine"
Ces dernières sont alors considérées comme "une très longue série de mélodies sur Sagesse", ensemble de vastes proportions dans lequel "le livre entier [...] eût été contenu". De cette œuvre - dans laquelle le poète affirme son repentir et son retour à la foi catholique après sa dramatique altercation avec Rimbaud - seuls quatre poèmes seront finalement mis en musique. Les mélodies qui en résultent, restées inédites, ont d'abord été écrites durant l'été et l'automne 1895, à Saint-Germain et en Bretagne, alors que Hahn et Proust séjournaient à Beg-Meil, du 8 septembre au 27 octobre ; puis l'été suivant, alors que le compositeur séjournait chez sa sœur à Hambourg. Une seconde version de la première mélodie, écrite plus tard, et plusieurs corrections laissent penser que le compositeur a révisé ces pièces ultérieurement.
Pourquoi ces poèmes vocaux, qu'il a soigneusement conservés et même retravaillés, ont-ils été laissés en l'état ? Sans doute parce qu'ils étaient trop liés à Marcel Proust, trop évocateurs d'un ancien amour et d'un temps révolu qu'il souhaitait garder à distance. Il en va de même pour toutes les partitions en cours au moment de sa séparation d'avec l'écrivain, en août 1896 : Le Jardin de Bérénice et le Trio pour violon, violoncelle et piano. Ce sont des pages oubliées qui, dans Sagesse, montrent un Verlaine sombre, loin du style enveloppant des Chansons grises ou de bien des mélodies du Premier recueil. La première "monodie" du cycle, "... Sagesse humaine...", reprend les quatre dernières strophes de "Qu'en dis-tu, voyageur, des pays et des gares", dans lesquelles le poète reconnaît le "mal" qu'il a fait, et espère la "grâce de Dieu". Il s'agit d'un "récitatif mesuré" en fa majeur, de caractère religieux, embrassant le recto tono ou une ligne vocale commune et une harmonie paisible ; cette méditation est percée par le grand intervalle vocal par lequel commence le vers "Bien de n'être pas dupe en ce monde d'une heure", suivi d'un assombrissement tonal. Le second, "Les chères mains qui étaient miennes...", en octosyllabes courts, suit la morphologie d'une danse à trois temps, avec une diction vocale rapide accompagnée de brefs accords en harmonie mobile. Les mains, aussi bien instruments du péché que médiatrices de la figure de la croix dans la bénédiction, y apparaissent dans leur versatilité. Au contraire, c'est une immobilité toute marmoréenne (exprimée par un premier accord en appoggiature puis un second retardé au-dessus des notes graves du clavier) qui se répand dans "Un grand sommeil noir...". Prononcé "comme dans un rêve - les yeux mi-clos", le texte de Verlaine réunit au-delà de la temporalité humaine le "berceau" et la "voûte". La dernière pièce, "La tristesse, la langue du corps humain", restée inachevée, est à la fois la plus douloureuse et la plus lyrique. Ses harmonies chromatiques, ses modulations et ses accords de septième diminuée lui confèrent un caractère pathétique, à l'image du "corps triste" dépeint par le poète.
(traduction Hjördis Romain)
Détails: mezzo-soprano ou baryton et piano
Le compositeur tente néanmoins d'avancer les partitions en cours, travaillant à la fois sur des images musicales pour orchestre, inspirées du roman Le Jardin de Bérénice de Maurice Barrès, ainsi que sur des "Monodies tirées du recueil de Verlaine"
Ces dernières sont alors considérées comme "une très longue série de mélodies sur Sagesse", ensemble de vastes proportions dans lequel "le livre entier [...] eût été contenu". De cette œuvre - dans laquelle le poète affirme son repentir et son retour à la foi catholique après sa dramatique altercation avec Rimbaud - seuls quatre poèmes seront finalement mis en musique. Les mélodies qui en résultent, restées inédites, ont d'abord été écrites durant l'été et l'automne 1895, à Saint-Germain et en Bretagne, alors que Hahn et Proust séjournaient à Beg-Meil, du 8 septembre au 27 octobre ; puis l'été suivant, alors que le compositeur séjournait chez sa sœur à Hambourg. Une seconde version de la première mélodie, écrite plus tard, et plusieurs corrections laissent penser que le compositeur a révisé ces pièces ultérieurement.
Pourquoi ces poèmes vocaux, qu'il a soigneusement conservés et même retravaillés, ont-ils été laissés en l'état ? Sans doute parce qu'ils étaient trop liés à Marcel Proust, trop évocateurs d'un ancien amour et d'un temps révolu qu'il souhaitait garder à distance. Il en va de même pour toutes les partitions en cours au moment de sa séparation d'avec l'écrivain, en août 1896 : Le Jardin de Bérénice et le Trio pour violon, violoncelle et piano. Ce sont des pages oubliées qui, dans Sagesse, montrent un Verlaine sombre, loin du style enveloppant des Chansons grises ou de bien des mélodies du Premier recueil. La première "monodie" du cycle, "... Sagesse humaine...", reprend les quatre dernières strophes de "Qu'en dis-tu, voyageur, des pays et des gares", dans lesquelles le poète reconnaît le "mal" qu'il a fait, et espère la "grâce de Dieu". Il s'agit d'un "récitatif mesuré" en fa majeur, de caractère religieux, embrassant le recto tono ou une ligne vocale commune et une harmonie paisible ; cette méditation est percée par le grand intervalle vocal par lequel commence le vers "Bien de n'être pas dupe en ce monde d'une heure", suivi d'un assombrissement tonal. Le second, "Les chères mains qui étaient miennes...", en octosyllabes courts, suit la morphologie d'une danse à trois temps, avec une diction vocale rapide accompagnée de brefs accords en harmonie mobile. Les mains, aussi bien instruments du péché que médiatrices de la figure de la croix dans la bénédiction, y apparaissent dans leur versatilité. Au contraire, c'est une immobilité toute marmoréenne (exprimée par un premier accord en appoggiature puis un second retardé au-dessus des notes graves du clavier) qui se répand dans "Un grand sommeil noir...". Prononcé "comme dans un rêve - les yeux mi-clos", le texte de Verlaine réunit au-delà de la temporalité humaine le "berceau" et la "voûte". La dernière pièce, "La tristesse, la langue du corps humain", restée inachevée, est à la fois la plus douloureuse et la plus lyrique. Ses harmonies chromatiques, ses modulations et ses accords de septième diminuée lui confèrent un caractère pathétique, à l'image du "corps triste" dépeint par le poète.
(traduction Hjördis Romain)
Détails: mezzo-soprano ou baryton et piano