2 Poésies, de Georges Schehadé
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Guy Sacre
2 Poésies, de Georges Schehadé
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Guy Sacre
2 Poésies, de Georges Schehadé

  • Formation Voix moyenne et Piano
  • Compositeur Guy Sacre
  • Édition Partition
  • Maison d’Édition Symétrie
  • N ° de commande 9782364852600
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Description:

  • Pages: 12
  • Parution: 12.06.2024
  • Dimensions: 210 x 297 mm
  • Poids: 55 g
  • Genre: Musique classique, Musique classique moderne
  • Accompagnement: Piano
  • ISBN: 9782364852600
Je ne répéterai jamais assez combien mon goût pour la poésie - une certaine poésie - est redevable à Georges Schehadé. Après une enfance tapissée des alexandrins de Victor Hugo, et une adolescence d'abord idolâtre, comme la plupart des autres, de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire, j'ai découvert soudain qu'une langue libérée du mètre et de la rime, débarrassée de l'éclat des mots rares (qui, chez les adeptes de Mallarmé, ne sont souvent que des bijoux factices), pouvait chanter plus haut, plus juste et, sans craindre la réalité, l'enjoliver sans cesse. Le surréel, c'est autre chose : un monde parallèle, créé par un mystérieux tour de passe-passe. J'y suis venu presque en même temps, en jouant sur des vers volontairement précaires, des assemblages impossibles, des ruptures sournoises (mais délicieuses). Non, Schehadé veut seulement nous faire nous souvenir, jusqu'aux limites de la mémoire, de l'ourlet salé de la mer, du parfum enivrant de la pommeraie, des chuchotements du printemps et des feuillages. Et s'il est habile en collages, comme tout un chacun, ce n'est jamais au mépris des lois simples qui régissent l'univers. Quel univers ? Le seul qui compte, le seul qui mérite qu'on y naisse et qu'on y meure, fait de tendresse et de compassion, de sagesse et d'humour : un monde où les sourires et les larmes sont réversibles, et où "le temps est innocent des choses".
Veuillez excuser ce long couplet. Après les Cinq de 1976 et les Trois de 1987, qui se font écho, ces "Deux" chansons peuvent sembler superflues. Je ne les ai composées que trois ans après la publication du recueil dont elles sont issues - le dernier de Schehadé - et dont le titre ne ressemble à personne d'autre qu'à lui : Le Nageur d'un seul amour. Ce sont des textes graves, tout embrumés d'adieux. Je voudrais que le lecteur soit sensible à cette promesse d'éternité sans ambiguïté : celle de l'enfance, que la mort ne fait qu'endormir ; et celle de la poésie, qui, dans l'au-delà, continuera à célébrer le miracle de l'arbre et de l'eau...

(traduction : John Tyler Tuttle)