Mohnmarzipan
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Silke Eberhard Quartett
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Description:

  • Parution: 24.03.2006
  • Durée: 63:44
  • Poids: 100 g
  • Genre: Jazz
  • EAN: 750447339323
La saxophoniste et clarinettiste berlinoise Silke Eberhard ne réduit pas le jazz à un style qu'il faudrait justifier, mais, malgré les critiques, en fait une marque de fabrique. Le titre « mohnmarzipan » (marronnerie au pavot) peut, à première vue, induire l'auditeur en erreur. Il évoque la « Gemütlichkeit », le confort douillet et une touche de nostalgie familiale. La musique de cet album semble pourtant incarner exactement le contraire. Silke Eberhard considère son jazz comme un moyen d'exprimer les contrastes. « C'est comme ça, la vie », tel est son point de vue passionné. « Je ne peux pas me contenter de continuer à faire de la belle musique alors que le monde est si plein de saleté. D'un autre côté, c'est dans cette saleté que l'on peut trouver des moments poétiques et joyeux à l'infini. » Sur son album, Silke Eberhard nous raconte l'histoire passionnante des conflits humains fondamentaux, entre s'accrocher et lâcher prise. Elle pousse à l'extrême la transformation des principes de contrôle des données compositionnelles et la dérive soudaine vers une ouverture collective et individuelle. À une époque où la recherche d'un terrain d'entente est devenue un consensus intellectuel, elle ose pousser sa propension narrative au-delà des limites. Elle est trop modeste pour citer Ornette Coleman parmi ses principales influences. Néanmoins, elle intériorise dans sa musique l'émergence harmonolodique d'idiomes personnels en une forme d'expression complexe. Silke Eberhard adore créer des figures dans sa musique, dessiner des motifs, planifier le cours des événements, puis, d'un seul geste, tout démolir. Sa rage destructrice est tout à fait charmante, mais elle ose vivre dans sa musique ce qui anime ses auditeurs au quotidien. Enfant, dans un village souabe, elle a grandi au son des fanfares jouant de la musique folklorique et a appris à jouer de la clarinette. Forte de cette expérience musicale limitée, elle a dû rompre avec ses repères pour trouver sa propre voix. Elle a découvert le jazz à l'adolescence et a d'abord été fascinée par les big bands, car ceux-ci ressemblaient le plus aux fanfares en costumes folkloriques traditionnels. Mais elle a ensuite découvert le free jazz, où tout est à la fois permis et interdit. Sur « mohnmarzipan », Silke Eberhard établit un lien logique entre tous les différents éléments de son propre parcours et la quête d'identité collective au sein du jazz allemand, qu'elle rejette et accepte à la fois. Elle a d'abord dû surmonter son expérience personnelle de saxophoniste endiablée, pour trouver une place plus conciliante dans sa musique. Des marches cachées se frottent à des grooves urbains, des caresses douces côtoient des structures arides ou des improvisations collectives sans compromis. Même dans la composition du groupe, les contraires qui se limitent mutuellement, qui libèrent des tensions et finissent par se fondre dans l'unité du groupe, jouent un rôle. Les voix individuelles s'interpénètrent de telle manière qu'il devient difficile de suivre les lignes et les intentions individuelles. Silke Eberhard n'initie pas ces processus consciemment. Ils naissent du jeu des quatre musiciens. Le pianiste Niko Meinhold et le batteur Sebastian Merk fournissent la base urbaine, tandis que le pianiste Jan Roder et la meneuse du groupe incarnent davantage la stabilité jazzy de l'ensemble. Silke Eberhard elle-même apporte volontiers au groupe sa propre contradiction entre éclat et poussière. Silke Eberhard appartient à une nouvelle génération de musiciens de jazz berlinois qui tentent de forger un langage oscillant entre réflexion et changement. Un jazz « made in Europe » qui leur permet de se mesurer à leurs homologues américains, tout en gardant les deux pieds fermement ancrés dans le Vieux Continent.
Mots clés: Partitions jazz