Florian Ross Quintet
Home & Some Other Place
Florian Ross Quintet
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- Formation Audio Media
- Artiste Florian Ross Quintet
- Édition CD
- Maison d’Édition Intuition
- N ° de commande INT33812
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Description:
À notre époque où tout va très vite, on est souvent tenté d'accorder trop d'importance à la position physique et temporelle. Cela vaut autant pour la musique que pour tout autre domaine. Ce qui était vrai hier ne l'est plus aujourd'hui, et le sera, dans le meilleur des cas, à nouveau demain, quand on aura le sentiment de devoir prendre ses distances par rapport à un autre « hier ». Et ce sont précisément ceux qui prétendent abattre les murs mentaux qui érigent souvent de nouvelles barrières géographiques. De nombreux musiciens de jazz européens considèrent comme une vertu de se démarquer des modèles américains et de leur approche du jeu. Un autre camp s'attache à diffuser la tradition américaine de la manière la plus authentique possible en Europe. Il est rafraîchissant de voir un album tel que « Home And Some Other Places », du pianiste Florian Ross, basé à Cologne, émerger de ce contexte souvent embarrassant. Ross a déjà démontré qu'il maîtrisait toutes sortes de formations de jazz, allant du trio de piano au big band. Il a même récemment enregistré en tant que « poids lourd du Hammond » sur le CD de Nils Wogram, « Daddy's Bones ». Son nouveau CD a été enregistré en quintette et réunit Claus Stötter (bugle), Matthias Erlewein (saxophone ténor), Dietmar Fuhr (basse) et Stéphane Huchard (batterie). Ross ne s'est pas contenté de franchir des frontières. Avec espièglerie, il ravive le charme spontané des enregistrements classiques de Blue Note et le transpose dans un langage contemporain, tout en évitant soigneusement les clichés de la pop et de la musique électronique. C'est un penseur conceptuel résolument européen, mais qui ne fuit pas le contact avec le berceau du jazz. Des parties strictement arrangées s'entremêlent à un travail d'équipe. « Nous en sommes arrivés à un point », explique Ross, « où il n'est plus nécessaire de séparer politiquement l'Amérique de la musique. Peu importe d'où l'on vient ou où l'on va, à quoi on appartient ou non. Les trois courts morceaux de l'album sont entièrement improvisés. Il nous restait un peu de temps une fois les enregistrements terminés, j'ai donc proposé de jouer quelques morceaux librement improvisés. Les autres morceaux sont composés et arrangés. » La structure musicale de Ross repose sur des voix individuelles. La puissance avec laquelle il dirige son groupe de manière ludique rappelle la force magique de McCoy Tyner dans les années soixante. Aux yeux de Ross, le piano n'est pas un moyen éthéré de produire de beaux sons, en quête constante d'un pont vers les classiques européens, mais un moteur percussif qui génère pression, friction et bruit. « Je ne voulais pas faire un disque de pianiste, mettant le piano au premier plan et reléguant tout le reste au rang de simple ornement. La musique doit être juste, et chacun doit y apporter sa contribution. C'est la vision d'ensemble qui compte. Si la musique est juste et qu'on entend encore que le pianiste apporte sa contribution sans pour autant s'imposer, alors j'ai atteint mon objectif. » Ross a trié sur le volet ses compagnons de route. La tension personnelle qui se dégage de la musique résulte du choix d'enregistrer avec de vieux amis de confiance et des partenaires totalement nouveaux. « Je connais Matthias Erlewein depuis longtemps. Je tenais absolument à ce qu'il fasse partie du groupe. J'ai fait la connaissance de Claus Stötter au fil des années. Jusqu'à présent, nous n'avions joué ensemble que dans un grand orchestre et je souhaitais travailler avec lui au sein d'un petit groupe. Je joue également avec Dietmar Fuhr depuis un certain temps déjà, et cela reste toujours aussi frais. Mais je n'avais encore jamais joué avec Stéphane Huchard jusqu'à présent. Je cherchais un batteur qui s'intègre bien dans ce groupe. Il y avait plusieurs options, mais aucune ne me satisfaisait vraiment. J'ai donc commencé à me renseigner. Claus Stötter m'a recommandé Stéphane, qu'il avait connu à l'époque où il vivait à Paris. Il m'a également été recommandé par Remi Vignola, qui joue de la basse dans mon trio. C'était un peu risqué. Beaucoup de gens m'ont dit que c'était fou d'engager un batteur sans savoir comment il jouait. » Mais Ross ne fait plus qu'un avec Huchard sur le plan musical. Le style percussif tout en légèreté de Ross et les nuances subtiles de Huchard à la batterie rendent difficile de distinguer les chemins suivis par les deux instruments. Mais pourquoi pas ! L'alchimie entre eux a fonctionné dès le départ. « Nous n'avions eu qu'une seule répétition. On s'est retrouvés en studio, on a joué les morceaux pour la première fois, puis on les a enregistrés. Stéphane s'est vraiment éclaté. C'était peut-être un coup de chance qu'il ait tout de suite accroché à la musique, mais on s'est aussi très bien compris sur le plan personnel. Rencontrer Stéphane, c'était comme gagner au loto. On continuera à travailler ensemble à l'avenir. » Comme le titre l'indique déjà, l'une des particularités de ce CD réside dans le jeu accentué des contrastes : « Home & Some Other Places » prend vie grâce à l'alternance imprévisible d'éléments statiques et dynamiques, de moments intimes et ouverts. « Je ne voulais pas d'un album aux arrangements et à la structure trop rigides, mais il ne devait pas non plus être d'une liberté envahissante. Il était plus important de créer un équilibre naturel entre mes différentes influences, mes motivations et mes émotions. Douceur et intensité, linéarité et dissonance, tout cela fait partie de moi. Je ne voulais pas pencher d'un côté ou de l'autre. L'album devait avant tout me refléter. » Le titre fait référence à la fois à des lieux intérieurs et extérieurs. L'explication de la pianiste est si logique et simple qu'on se demande pourquoi ce titre n'a pas été utilisé pour des milliers d'autres albums. « Home représente ce que l'on connaît, la tradition, l'endroit où l'on a ses racines, où l'on se sent bien et où l'on ne rencontre pas de mauvaises surprises. Some Other Place, ce sont les endroits où l'on n'est pas encore allé. » « Home & Some Other Places » est une déclaration d'amour sans concession au jazz, une musique qui n'a jamais vraiment été créée, qui n'est jamais chez elle nulle part et qui ne sera jamais perfectionnée, et qui, de ce fait, ne perdra jamais de sa force. Une musique dans laquelle Florian Ross trouve un ancrage et qui lui permet de se sentir mis au défi.